LA CHAINE CINEMATIQUE
Les entrailles de la bête…

La chaîne cinématique est l’ensemble des organes qui transmettent la puissance du moteur jusqu’à la roue arrière pour faire avancer la moto.

Tu peux la retenir sous la forme d’une chaîne logique :
Moteur → Embrayage → Boîte de vitesses → Transmission finale → Roue arrière
Voici le rôle de chaque élément.
1. Le moteur

Le moteur transforme l’énergie du carburant en énergie mécanique et sa conception influe énormément sur la façon dont la puissance arrive, les vibrations, le poids et l’agilité de la moto.
- Monocylindre : léger, simple, beaucoup de caractère et de couple à bas régime, mais plus de vibrations et moins d’allonge.
- Bicylindre : bon compromis entre couple, souplesse et poids. Un V-twin donne souvent des sensations plus marquées, un bicylindre en ligne peut être plus compact.
- 3 cylindres : mélange intéressant entre couple à mi-régime et capacité à prendre des tours.
- 4 cylindres : très doux, peu vibrant, aime les hauts régimes et délivre souvent sa puissance plus haut dans les tours.
La disposition du moteur joue aussi sur la largeur, le centre de gravité et l’inertie, donc directement sur la facilité à mettre la moto sur l’angle et son comportement en virage.
Le moteur produit donc un mouvement de rotation du vilebrequin, mais cette rotation ne peut pas être transmise directement à la roue.
2. L’embrayage

L’embrayage sert à relier ou séparer le moteur de la boîte de vitesses. Il est piloté par la main gauche qui agit sur le levier d’embrayage.
Il permet :
- de démarrer sans caler ;
- de changer de vitesse ;
- d’évoluer à allure très lente en « jouant » avec le point de patinage ;
- de s’arrêter sans caler.
Lorsque tu tires le levier d’embrayage (tu débrayes), le moteur se désolidarise de la transmission. Tu fais de la « roue libre » car elle n’est plus connectée au moteur.
Lorsque tu relâches progressivement le levier d’embrayage (tu embrayes), la puissance du moteur commence à être transmise à la boîte de vitesses. En première, pour démarrer sans caler ni donner d’à-coup, il faut relâcher le levier doucement jusqu’au point de patinage. À ce moment-là, les deux parties de l’embrayage entrent progressivement en contact, ce qui permet de transmettre la puissance du moteur à la roue arrière en douceur et de vaincre l’inertie de la moto pour la mettre en mouvement.
3. La boîte de vitesses

Les motos utilisent des boîtes de vitesses séquentielles. C’est avec ton pied gauche que tu agis sur le selecteur de vitesse pour passer les vitesses dans l’ordre suivant :
1 → N → 2 → 3 → 4 → 5 → 6
La 1re est tout en bas, donc en partant du point mort (N), tu appuis sur le selecteur pour enclencher la 1re, puis tu remontes pour passer en 2e, 3e, etc. Pour redescendre, tu fais l’inverse.
Il est impossible en 1 seul mouvement de passer plusieurs vitesses. Même si tu appuie fort sur le selecteur, tu ne peux pas « emjamber » de vitesse. Il te faudra passer de vitesse en vitesse, de séquence en séquence d’où le nom « boite séquentielle ».
Le point mort (N) possède une particularité : il se trouve entre la 1re et la 2e, mais il ne correspond qu’à une position intermédiaire du sélecteur. Ainsi, depuis la 1re, un mouvement complet vers le haut permet généralement de passer directement en 2e sans s’arrêter au point mort. De la même manière, depuis la 2e, un mouvement complet vers le bas permet de revenir directement en 1re.
Pour trouver le point mort (N), il faut donc effectuer un mouvement plus léger, comme une demi-impulsion sur le sélecteur, depuis la 1re ou la 2e.
4. La transmission finale jusqu’à la roue

Elle transmet le mouvement de la boîte à la roue arrière.
Selon les motos, elle peut être assurée par :
- une chaîne (la plus courante) ;
- une courroie ;
- un cardan (arbre de transmission).
Sur une moto à chaîne, elle comprend :
- le pignon de sortie de boîte ;
- la chaîne ;
- la couronne fixée sur la roue arrière.
La roue arrière reçoit la puissance et, en tournant, elle fait avancer la moto (si l’adhérence est bonne).
Le parcours de la puissance
À l’accélération
La puissance part du moteur et va vers la roue :
Moteur → Embrayage → Boîte de vitesses → Pignon → Chaîne → Couronne → Roue arrière → Sol
Le moteur entraîne la roue arrière, qui fait avancer la moto.
À la décélération (frein moteur)
Lorsque tu coupes les gaz sans débrayer :
Sol → Roue arrière → Couronne → Chaîne → Pignon → Boîte de vitesses → Embrayage → Moteur
Cette fois, c’est la roue arrière qui entraîne le moteur.
Le moteur, privé d’accélération, résiste naturellement à cette rotation (compression des cylindres, frottements mécaniques, pompage de l’air). Cette résistance freine la roue arrière : c’est le frein moteur.
Pourquoi le frein moteur est-il plus fort en 2ᵉ qu’en 6ᵉ ?
Parce que les rapports courts multiplient davantage l’effort entre la roue et le moteur.
- En 2ᵉ, la roue fait tourner le moteur beaucoup plus vite : la résistance est importante, donc le frein moteur est fort.
- En 6ᵉ, la roue fait tourner le moteur moins vite : la résistance est plus faible, donc le frein moteur est moins marqué.
Que se passe-t-il si tu débrayes ?
En débrayant, tu interromps la chaîne cinématique :
- la roue arrière continue de tourner ;
- le moteur n’est plus entraîné par la roue ;
- il n’y a donc plus de frein moteur.
La moto ralentit alors uniquement grâce aux freins et aux résistances naturelles (air, roulement).